Le mont Kurama, le sacré et la qualité de présence.
Lorsque mon amoureux m’a offert ce voyage au Japon, je ne connaissais pas encore tout l’itinéraire.
Un matin, il m’a simplement dit :
« Aujourd’hui, je t’emmène au mont Kurama. C’est un lieu important dans l’histoire du Reiki. »
Je l’ai regardé avec surprise.
Je ne connaissais pas encore l’histoire de cette montagne, ni le lien qu’elle entretenait avec Mikao Usui, le fondateur du Reiki.
À cet instant, j’ai simplement ressenti une immense gratitude.
Non seulement parce qu’il avait pensé à moi, mais aussi parce qu’il avait pris le temps de s’intéresser à ce qui nourrit profondément mon univers.
Je ne savais pas encore que cette journée allait laisser une empreinte bien plus profonde que je ne l’imaginais.
En arrivant sur le mont Kurama, j’ai ressenti quelque chose de très difficile à mettre en mots.
Il y avait le silence.
Les arbres.
La montagne.
L’énergie du lieu.
Comme si tout invitait naturellement à ralentir.
À respirer autrement.
À observer davantage.
À être pleinement présent.
Je n’avais rien à comprendre.
Seulement à ressentir.
Au fil de la journée, j’ai découvert que c’est sur cette montagne que Mikao Usui avait effectué une retraite de méditation de vingt-et-un jours. Selon la tradition, c’est à l’issue de cette expérience qu’il développera ensuite l’enseignement du Reiki.
Mais ce n’est pas cette histoire qui m’a le plus touchée.
Ce qui m’a profondément marquée, c’est ce que ce lieu est venu réveiller en moi.
Je n’ai pas eu l’impression d’apprendre quelque chose de nouveau.
J’ai eu l’impression de me souvenir.
Je me suis rappelé pourquoi j’aime prendre le temps avant chaque soin.
Pourquoi j’aime préparer l’espace avant d’accueillir une personne.
Pourquoi je remercie le lieu qui nous reçoit.
Pourquoi j’honore les femmes qui me font confiance.
Pourquoi je remercie mes enseignants.
Pourquoi je remercie aussi le vivant, visible et invisible, qui m’accompagne.
Le mont Kurama est venu me rappeler que le soin ne commence pas lorsque je pose les mains.
Il commence bien avant.
Dans la manière dont j’entre dans un lieu.
Dans la manière dont j’accueille une personne.
Dans la qualité de présence que je choisis d’offrir.
Les idéaux du Reiki ont alors pris une résonance nouvelle.
Ils ne sont pas seulement des phrases que l’on récite.
Ils sont une manière de vivre.
Une invitation quotidienne à cultiver la gratitude.
À honorer ceux qui nous ont précédés.
À respecter le vivant.
À accueillir chaque rencontre avec humilité.
À ralentir suffisamment pour être vraiment là.
Depuis ce voyage, je n’ai pas changé ma manière d’accompagner.
Je l’ai approfondie.
Aujourd’hui encore davantage qu’hier, je prends le temps d’honorer l’espace dans lequel je reçois les femmes.
Je remercie le lieu.
Je remercie les personnes qui viennent jusqu’à moi.
Je remercie les enseignements que j’ai reçus.
Et je me rappelle que chaque femme qui pousse la porte de mon cabinet vient déposer une part précieuse de son histoire.
Pour moi, cela mérite d’être accueilli avec respect.
Je crois que le plus beau cadeau que m’a offert le Japon n’est pas une nouvelle connaissance.
C’est un retour à l’essentiel.
Le rappel que prendre soin ne commence pas avec une technique.
Il commence avec une présence.
Avec un regard.
Avec une intention.
Avec une gratitude sincère.
Parce qu’au fond, honorer le sacré, ce n’est pas seulement honorer un temple ou une montagne.
C’est honorer chaque lieu, chaque rencontre et chaque instant où la vie nous donne l’occasion d’être pleinement présents.
Une question pour toi…
Quand as-tu pris le temps, pour la dernière fois, de simplement t’arrêter…
…de respirer…
…et de remercier ce qui était déjà là autour de toi ?




